Surveillance sanitaire apicole par l’hémolymphe : un rucher sentinelle au service de la DDPP et des vétérinaires
- frj vh
- il y a 9 heures
- 2 min de lecture
Un rucher de surveillance sanitaire apicole basé sur l’hémolymphe consiste à utiliser les abeilles comme « prise de sang » du rucher pour suivre finement l’état de santé des colonies et transmettre ces informations à la Direction Départementale de la Protection des Populations et aux services vétérinaires. L’hémolymphe (l’équivalent du sang chez l’abeille) reflète à la fois l’état immunitaire, la charge parasitaire (Varroa destructor) et la présence éventuelle de virus ou de polluants.
Principe du projet
Mettre en place un rucher sentinelle, avec un nombre défini de colonies suivies de manière standardisée sur un secteur donné (commune, intercommunalité, territoire).
Prélever régulièrement de petites quantités d’hémolymphe sur un échantillon d’abeilles pour analyser des indicateurs sanitaires (protéines, virus, effets du varroa, marqueurs de stress, etc.).
Comptage de la charge en varroa (parasite de l’abeille).
Centraliser et transmettre ces résultats à la DDPP/DDCSPP et aux services vétérinaires pour compléter la surveillance officielle (loque américaine, varroose, Nosema, Aethina tumida, etc.).
Pourquoi l’hémolymphe ?
Le varroa se nourrit d’hémolymphe et y injecte ou amplifie des virus comme le virus des ailes déformées, ce qui rend l’abeille très sensible à la varroose et aux viroses associées.
L’hémolymphe porte des protéines, molécules de l’immunité et marqueurs physiologiques qui renseignent sur l’état global de la colonie (stress, affaiblissement, âge biologique des abeilles, etc.).
En suivant ces marqueurs au fil du temps, on peut détecter des dégradations sanitaires avant l’apparition de mortalités visibles.
Organisation d’un rucher de surveillance sanitaire
Choix de ruches sentinelles : ruchers d’apiculteurs volontaires, rucher communal ou rucher d’expérimentation dédié.
Protocoles d’échantillonnage : nombre d’abeilles, fréquence des prélèvements (par exemple 2 à 4 fois par an : printemps, été, automne, après traitement varroa), standardisation des méthodes.
Analyses réalisées par un laboratoire partenaire : charge virale, marqueurs immunitaires, protéines totales, éventuellement résidus de médicaments ou de pesticides.
Lien avec la DDPP et les services vétérinaires
Les résultats de ce rucher de surveillance complètent les dispositifs officiels de surveillance (déclaration des maladies réglementées, visites TSA, contrôles ciblés).
Ils permettent à la DDPP et aux services vétérinaires d’identifier plus tôt des zones à risque (forte pression varroa, circulation virale élevée, affaiblissements répétés) et d’ajuster les plans de lutte ou de sensibilisation.
Le projet peut être intégré dans les plans sanitaires apicoles départementaux, en lien avec les GDSA, la FNOSAD-LSA et les organisations apicoles locales.
Intérêts pour la filière et le territoire
Pour les apiculteurs : outil de diagnostic précoce, validation ou ajustement des protocoles de traitement, meilleure compréhension des causes d’affaiblissement des colonies.
Pour les vétérinaires et la DDPP : vision plus fine et plus objective de la situation sanitaire, au-delà des seules déclarations de mortalité ou des inspections ponctuelles.
Pour les collectivités : argument fort dans une démarche de territoire pilote en santé des pollinisateurs, complémentaire des projets de biosurveillance environnementale.




Commentaires